
Pour la nouvelle période triennale 2026-2028, le plafond de chiffre d'affaires (CA) de l'auto-entrepreneur est fixé à 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hébergement, et à 83 600 € pour les prestations de services commerciales et artisanales. Ces montants, annoncés par l'URSSAF et confirmés par le service public, remplacent les seuils de la période précédente.
Si votre CA s'approche de ces limites, deux questions se posent : que se passe-t-il en cas de dépassement, et comment l'anticiper ? Nous détaillons ici les seuils exacts par activité, la règle des deux années consécutives, la différence entre seuil de CA et seuil de TVA, et les options quand la bascule devient inévitable.
Les plafonds auto-entrepreneur en 2026 selon votre type d'activité
Le statut de micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur) s'applique tant que votre CA annuel HT reste sous des seuils qui dépendent de votre catégorie d'activité. Il existe deux grandes familles : les activités de vente (BIC, achat-revente, fabrication) et les prestations de services (BIC commerciales et artisanales, ou BNC pour les professions libérales).
Les plafonds 2026-2028 par activité
Les seuils applicables pour la période 2026-2028 sont les suivants :
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Vente de marchandises, objets, fournitures et alimentation à emporter (BIC) : 203 100 € de CA annuel HT.
Hébergement (chambres d'hôtes, hôtellerie) : 203 100 €. Les meublés de tourisme relèvent de seuils spécifiques depuis 2025 : 83 600 € pour les meublés classés et 15 000 € pour les meublés non classés.
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Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) : 83 600 €.
Professions libérales relevant des BNC (consultants, freelances, coachs) : 83 600 €.
La particularité des activités mixtes
Si vous exercez une activité mixte (vente de produits et facturation de prestations de services), deux conditions cumulatives s'appliquent :
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votre CA global ne doit pas dépasser 203 100 € ;
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la part de prestations de services ne doit pas dépasser 83 600 €.
Si l'une des deux limites est franchie, le statut bascule selon la règle décrite plus bas.
La période triennale 2026-2028
Les seuils du micro-entrepreneur sont revalorisés tous les trois ans par décret, à condition que l'indice des prix à la consommation ait suffisamment progressé. La période 2026-2028 succède à la période 2023-2025. Ces montants resteront stables jusqu'en 2028, sauf modification législative.
Tableau récapitulatif des seuils 2026 par activité
Voici la synthèse des plafonds 2026-2028 et leur évolution par rapport à la période précédente :
Type d'activité — Plafond 2026-2028 — Plafond précédent (2023-2025) — Évolution
Vente de marchandises, objets, fournitures (BIC) — 203 100 € — 188 700 € — +14 400 €
Hébergement (BIC) — 203 100 € — 188 700 € — +14 400 €
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) — 83 600 € — 77 700 € — +5 900 €
Activités mixtes (CA global / dont services) — 203 100 € / 83 600 € — 188 700 € / 77 700 € — +14 400 € / +5 900 €
Professions libérales (micro-BNC) — 83 600 € — 77 700 € — +5 900 €
La revalorisation profite surtout aux activités de vente et d'hébergement, dont le seuil gagne 14 400 €. Pour les prestations de services, le gain est de 5 900 €.
Que se passe-t-il en cas de dépassement des plafonds ?
Le dépassement d'un seuil ne fait pas basculer le régime dès la première année. L'administration fiscale applique une règle de tolérance fondée sur deux années consécutives.
La règle des deux années consécutives
Le mécanisme fonctionne en deux temps :
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Dépassement une première année (tolérance). Si vous dépassez le plafond sur une seule année, vous conservez le statut. Vous restez soumis au régime micro-fiscal, mais vous devez déclarer le CA réel. Selon le montant du dépassement, le droit aux abattements forfaitaires peut être réduit.
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Dépassement une deuxième année consécutive (bascule). Si le seuil est franchi une deuxième année de suite, vous basculez obligatoirement dans le régime réel à compter du 1er janvier de l'année suivante. Vous perdez alors le statut de micro-entrepreneur.
Depuis 2018, il n'existe plus de seuil « majoré » pour le chiffre d'affaires du régime micro : même en cas de fort dépassement sur une année, la sortie du régime n'intervient qu'après deux années civiles consécutives de dépassement.
Prenons un exemple explicitement illustratif : un revendeur e-commerce réalise 215 000 € de CA en 2026, au-dessus du plafond de 203 100 €. La première année, il reste en micro-entreprise sous tolérance. S'il dépasse de nouveau le seuil en 2027, il bascule en régime réel au 1er janvier 2028.
La bascule vers le régime réel
La sortie du régime micro entraîne plusieurs changements concrets :
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Passage à la TVA réelle. Vous ne bénéficiez plus de la franchise en base de TVA. Vous devez facturer la TVA à vos clients, la collecter et la reverser à l'administration, avec des déclarations périodiques.
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Comptabilité d'engagement. Vous devez tenir une comptabilité conforme au plan comptable général : bilan, compte de résultat, grand livre, journal.
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Déclarations fiscales détaillées. Vous relevez du passage du régime micro au régime réel, avec une liasse fiscale complète selon votre catégorie (BIC réel ou BNC réel).
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Changement de cotisations sociales. Les cotisations ne sont plus calculées sur le CA, mais sur le résultat réel ou une assiette forfaitaire.
Quand le CA dépasse durablement les seuils, la société (EURL, SASU, SARL) devient souvent plus adaptée que l'entreprise individuelle. Le choix du statut juridique à la création, puis au développement de l'activité, se prépare en amont.
Seuils de CA et seuils de TVA : quelle différence ?
C'est la confusion la plus fréquente. Il existe deux systèmes de seuils distincts, qui ne se déclenchent pas aux mêmes montants : les seuils de chiffre d'affaires (qui conditionnent le maintien du statut) et les seuils de TVA (qui conditionnent l'obligation de facturer la TVA).
La franchise en base de TVA en 2026
La franchise en base de TVA permet de ne pas facturer la TVA tant que le CA reste sous un certain seuil. Pour 2026, les seuils de franchise en base sont :
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Vente de marchandises, vente à consommer sur place et hébergement : 85 000 € de CA annuel HT.
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Prestations de services : 37 500 € de CA annuel HT.
Il existe aussi des seuils majorés : 93 500 € (vente et hébergement) et 41 250 € (services). Si vous dépassez le seuil de franchise sans dépasser le seuil majoré, vous conservez la franchise jusqu'au 31 décembre et devenez redevable de la TVA au 1er janvier suivant. Si vous dépassez le seuil majoré, la TVA est due dès l'opération qui entraîne ce dépassement.
Le fonctionnement de la TVA en France est détaillé dans notre guide dédié, avec les obligations déclaratives qui découlent du dépassement.
Pas de seuil unique de franchise de TVA en 2026
La loi de finances pour 2025 avait prévu un seuil unique de franchise abaissé à 25 000 €, avant que cette mesure ne soit suspendue puis abandonnée. En 2026, les seuils de 85 000 € (vente et hébergement) et de 37 500 € (services) restent donc applicables, avec leurs seuils majorés.
Concrètement, un consultant ou un freelance en micro-entreprise doit facturer la TVA dès que son chiffre d'affaires dépasse 37 500 € sur l'année (ou 41 250 € en cours d'année), même s'il reste sous le plafond micro de 83 600 €. Anticiper ce passage permet d'ajuster ses prix et ses devis.
Le versement libératoire de l'IR : plafonds et conditions
Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (IR) est une option ouverte aux micro-entrepreneurs. Au lieu d'être imposé sur le bénéfice selon le barème progressif de l'IR, vous payez l'impôt en même temps que les cotisations sociales, sous forme d'un pourcentage du CA.
Le plafond de référence pour l'option
Pour pouvoir opter pour le versement libératoire, votre revenu fiscal de référence (l'année N-2) ne doit pas dépasser 29 579 € pour un célibataire (une part) ou 59 158 € pour un couple soumis à imposition commune (deux parts). Ce plafond s'apprécie sur l'avant-dernière année : pour une option demandée en 2026, on regarde le revenu fiscal de référence de 2024.
Les taux applicables selon l'activité
Lorsque vous avez opté pour le versement libératoire, l'impôt est calculé sur le CA encaissé selon des taux qui dépendent de votre activité :
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1 % pour les ventes de marchandises (BIC) ;
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1,7 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC) ;
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2,2 % pour les professions libérales relevant des BNC, dont le régime BNC et micro-BNC fixe les règles spécifiques.
L'option est annuelle et s'exerce sur la déclaration complémentaire de revenus. Elle reste valable tant que vous la maintenez et que vous respectez le plafond de revenu fiscal de référence.
Les taux de cotisations sociales 2026
Les cotisations sociales du micro-entrepreneur sont calculées sur le chiffre d'affaires encaissé, selon un taux global qui dépend de l'activité. Taux applicables au 1er janvier 2026 :
vente de marchandises et hébergement : 12,3 % ;
prestations de services commerciales et artisanales (BIC) : 21,2 % ;
professions libérales relevant de la Sécurité sociale des indépendants (BNC) : 25,6 % ;
professions libérales relevant de la CIPAV : 23,2 % ;
meublés de tourisme classés : 6 %.
S'y ajoute la contribution à la formation professionnelle : 0,1 % pour les commerçants, 0,3 % pour les artisans et 0,2 % pour les professions libérales.
Comment anticiper un dépassement de plafond ?
Le dépassement de seuil se prépare plusieurs mois à l'avance. Voici les points à surveiller et les actions à engager.
Suivre le CA cumulé en continu
Le premier réflexe consiste à suivre votre CA encaissé mois par mois, en cumul depuis le début de l'année. C'est le CA encaissé (et non facturé) qui compte pour l'appréciation des seuils. Un suivi en temps réel permet de détecter un risque de dépassement avant qu'il ne se matérialise, et de décider : poursuivre en micro, limiter le CA en fin d'année, ou préparer la bascule.
Chez GME Audit, nous assurons le suivi de votre comptabilité en temps réel via Pennylane. Vos encaissements remontent automatiquement, vous voyez votre CA cumulé à jour et nous vous alertons dès qu'un seuil (de CA ou de TVA) se rapproche. C'est la différence entre subir une bascule non préparée et l'anticiper sereinement.
Préparer la transition vers le régime réel
Si la bascule est programmée, plusieurs démarches sont à planifier :
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Anticiper l'immatriculation à la TVA. Demandez votre numéro de TVA intracommunautaire avant la date de bascule pour pouvoir facturer la TVA dès le premier jour.
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Mettre en place une comptabilité d'engagement. Choisissez un logiciel conforme, paramétrez vos journaux et vos automatismes de saisie. Le mécanisme des acomptes TVA vous concerne désormais.
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Évaluer le changement de statut. Si le CA continue de croître, l'entreprise individuelle devient moins adaptée. Une SASU, une EURL ou une SARL à l'IS peut offrir une fiscalité et une protection sociale adaptées à un volume d'activité supérieur.
Vous vous approchez des seuils ? Demandez un devis, nous analysons votre situation et les options de bascule (régime réel, changement de statut) selon votre activité.
FAQ : les plafonds auto-entrepreneur en 2026
Quel est le plafond d'un auto-entrepreneur en 2026 ?
Pour la période 2026-2028, le plafond de CA annuel HT est de 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services commerciales et artisanales.
Que se passe-t-il si je dépasse le plafond une seule année ?
Un dépassement ponctuel est toléré. Vous conservez le statut pour l'année en cours. La bascule vers le régime réel intervient seulement si le dépassement se reproduit l'année suivante.
Quelle est la différence entre seuil de CA et seuil de TVA ?
Le seuil de CA conditionne le maintien du statut de micro-entrepreneur. Le seuil de TVA (franchise en base) conditionne l'obligation de facturer la TVA. Pour 2026, les seuils de franchise sont de 85 000 € (vente, hébergement) et 37 500 € (services), avec des seuils majorés de 93 500 € et 41 250 €.
Les plafonds vont-ils changer avant 2028 ?
Non. Les seuils de CA de la micro-entreprise sont fixés pour la période triennale 2026-2028. Ils seront réexaminés pour la période 2029-2031, sauf modification législative d'ici là.
Conserver son statut ou préparer la bascule : ce qu'il faut retenir
Les seuils 2026-2028 de l'auto-entrepreneur sont connus : 203 100 € en vente et hébergement, 83 600 € en prestations de services. La règle des deux années consécutives laisse une marge de manœuvre, mais la bascule vers le régime réel, quand elle survient, entraîne des obligations nouvelles : TVA, comptabilité d'engagement, déclarations détaillées.
L'enjeu est l'anticipation. Suivre son CA en continu, détecter un risque de dépassement et préparer la transition comptable et fiscale évite de subir la bascule au dernier moment. C'est aussi le moment d'évaluer si un changement de statut (EURL, SASU, SARL) s'impose.
Votre situation dépend de votre activité et de votre chiffre d'affaires : demandez un devis à GME Audit, nous vous répondons avec une analyse précise, pas un devis type. Notre accompagnement comptable pour indépendants et freelances couvre le suivi de votre activité en temps réel, la préparation de la bascule et le choix du nouveau statut.
Sources :
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URSSAF auto-entrepreneur : « 2026 : modification des seuils de chiffre d'affaires »
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service-public.gouv.fr : « Quels sont les seuils de chiffre d'affaires de la micro-entreprise »
Rédigé par GME Audit, cabinet d'expertise comptable et d'audit dirigé par Steeve Elharrar, expert-comptable et commissaire aux comptes, ancien de KPMG et Deloitte. Cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables, accompagnement en français et en anglais, gestion comptable en temps réel via Pennylane. Contenu actualisé pour la période 2026-2028. Les informations fiscales et réglementaires présentées ici sont génériques et ne remplacent pas un conseil personnalisé.
