Salaire et congé maternité : indemnités, maintien et démarches en 2026

Dernière mise à jour : 26 août
Pendant le congé maternité, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières (IJSS) à la salariée, et l'employeur peut compléter pour maintenir le salaire selon la convention collective. Au 1er janvier 2026, l'IJSS maternité maximale s'établit à 104,02 € nets par jour, après déduction des 21 % de CSG/CRDS, contre un minimum de 11,12 € par jour (ameli.fr). Le congé dure 16 semaines pour un premier ou deuxième enfant, sans jour de carence.
Cette page s'adresse à deux lecteurs : la salariée qui veut savoir combien elle percevra, et le dirigeant de TPE/PME qui doit gérer le maintien de salaire, la subrogation et le bulletin de paie. Nous traitons les deux angles, avec les barèmes 2026 sourcés.
Combien touche-t-on pendant un congé maternité en 2026 ?
Les indemnités journalières de maternité (IJSS) remplacent tout ou partie du salaire pendant la durée du congé. Contrairement à l'arrêt maladie, il n'existe pas de jour de carence : le versement commence dès le premier jour d'arrêt (service-public.fr).
Les repères chiffrés au 1er janvier 2026 :
IJSS maximale : 104,02 € nets par jour, soit l'équivalent d'un salaire brut plafonné au PMSS (4 005 € par mois). Avant déduction des 21 % de CSG/CRDS, l'indemnité brute atteint 131,67 € par jour.
IJSS minimale : 11,12 € par jour, versée aux salariées ayant peu cotisé ou travaillé peu d'heures sur la période de référence.
Taux de remplacement : 100 % du gain journalier de base (contre 50 % en maladie), dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS), fixé à 4 005 € pour 2026 (code.travail.gouv.fr).
Exemple chiffré, présenté à titre illustratif. Une salariée payée 2 500 € bruts par mois encaisse trois mois de salaires de référence (7 500 €). Le calcul donne une IJ brute de 82,19 € par jour, soit 64,93 € nets après CSG/CRDS. Sur 16 semaines (112 jours), cela représente environ 7 272 € nets versés par la CPAM. Sans maintien de salaire employeur, la perte de revenu reste donc réelle : l'IJSS couvre environ 80 % du salaire net habituel.
Comment se calcule l'indemnité journalière de maternité ?
Le calcul de l'IJSS maternité suit trois méthodes, selon la nature et la régularité des revenus. La CPAM applique automatiquement celle qui correspond à la situation de la salariée (ameli.fr).
Méthode des 3 mois précédant l'arrêt (cas général, paie mensuelle régulière). La CPAM additionne les salaires bruts des trois mois précédant le début du congé et divise par 91,25 (nombre de jours forfaitaires). L'IJSS maternité représentant 100 % du gain journalier, il n'y a pas de pondération à appliquer. Formule : IJ brute = (somme des salaires bruts des 3 mois ÷ 91,25).
Méthode du salaire annuel (revenus non mensuels, intermittents, saisonniers). La CPAM prend le salaire annuel de référence et divise par 365. Formule : IJ brute = (salaire annuel ÷ 365).
Forfait minimal (moins de 200 heures travaillées sur les 3 mois). La base devient (1 015 × SMIC horaire) ÷ 91,25. En 2026, ce plancher aboutit à l'IJSS minimale de 11,12 € par jour.
Après ce calcul, la CSG et la CRDS (21 %) sont prélevées sur l'indemnité brute pour obtenir le montant net effectivement versé.
Exemple de calcul pas à pas (méthode des 3 mois)
Prenons une salariée dont la fiche de paie indique 3 000 € bruts par mois (exemple présenté à titre illustratif).
Somme des 3 mois de salaire : 9 000 €.
IJ brute : 9 000 ÷ 91,25 = 98,63 € par jour.
Déduction CSG/CRDS (21 %) : 98,63 × 0,21 = 20,71 €.
IJ nette : 77,92 € par jour.
Sur 16 semaines (112 jours) : 77,92 × 112 ≈ 8 727 € nets versés par la CPAM.
Pour estimer vos indemnités selon votre situation précise, la CPAM met à disposition un simulateur officiel d'indemnités journalières.
Les conditions pour bénéficier des IJSS maternité
Trois conditions doivent être réunies pour percevoir les indemnités journalières de maternité (service-public.fr).
Condition d'affiliation : il faut justifier d'au moins 10 mois d'affiliation à la Sécurité sociale à la date présumée de l'accouchement. Pour les salariées récemment embauchées, ce critère peut s'avérer bloquant, même si la protection commence dès la première cotisation.
Condition de cotisation : la salariée doit avoir travaillé au moins 200 heures au cours des 3 mois précédant l'arrêt, ou avoir cotisé sur un montant cumulé de 1 015 fois le SMIC horaire sur les 12 derniers mois. En dessous, c'est le forfait minimal (IJ à 11,12 € par jour) qui s'applique.
Conditions de durée d'arrêt : le congé doit durer au moins 7 jours, et la période obligatoire impose 8 semaines d'arrêt dont 6 après l'accouchement, non négociables.
Maintien de salaire : que doit l'employeur ?
La question du maintien de salaire se pose dès qu'une salariée annonce sa grossesse. Or, le code du travail n'impose pas à l'employeur d'obligation légale générale de maintien de salaire pendant le congé maternité. Le maintien peut néanmoins résulter de trois sources : la convention collective applicable, un accord d'entreprise, ou le contrat de travail (code.travail.gouv.fr).
Le maintien conventionnel, cas le plus fréquent. Beaucoup de conventions collectives prévoient un complément employeur qui, ajouté aux IJSS, porte le salaire net à 100 % pendant une durée déterminée. Ce complément est généralement conditionné à une ancienneté minimum, fréquemment fixée à 1 an. La durée de maintien à 100 % varie selon la convention : quelques semaines dans certains secteurs, l'intégralité du congé dans d'autres. La vérification de la convention applicable est donc la première étape, avant tout calcul.
Le rôle de l'expert-comptable
L'expert-comptable intervient à plusieurs niveaux. Il identifie la convention collective applicable au contrat, calcule le complément employeur net de l'IJSS, intègre la subrogation sur le bulletin de salaire, et s'assure que la DSN transmet correctement les informations à la CPAM. Si vous devez confier votre paie à un expert-comptable, cette phase d'arrêt maternité est précisément le moment où une erreur de bulletin se paie cher.
La subrogation : un mécanisme utile pour la salariée et l'employeur
La subrogation permet à l'employeur de percevoir directement les IJSS de la CPAM, puis de verser à la salariée son salaire net maintenu (complément employeur + IJSS). Pour la salariée, l'avantage est net : elle perçoit un salaire lissé chaque mois, sans attendre les versements séparés de la CPAM. Pour l'employeur, la subrogation centralise les flux et évite les décalages de trésorerie côté salariée.
La subrogation doit être formalisée : mention explicite au verso du bulletin de salaire, information de la CPAM, et respect des conditions de la convention collective. C'est un point de vigilance classique en paie, et un motif fréquent de recours à un cabinet.
Congé pathologique : 2 semaines avant ou 4 semaines après
Le congé pathologique s'ajoute au congé maternité normal lorsqu'une complication médicale survient pendant la grossesse. Il ne s'applique pas à toutes les salariées : il faut une prescription médicale motivée, transmise à la CPAM (service-public.fr).
Deux durées possibles :
2 semaines additionnelles avant l'accouchement, en cas de grossesse pathologique prénatale.
4 semaines additionnelles après l'accouchement, en cas de complications postnatales.
Le congé pathologique est indemnisé en IJSS dans les mêmes conditions et aux mêmes taux que le congé maternité. La durée du congé maternité normal (16, 26, 34 ou 46 semaines selon le rang et le nombre d'enfants) ne change pas : les semaines pathologiques s'ajoutent.
Indépendantes, professions libérales et auto-entrepreneuses
Les femmes affiliées comme indépendantes (profession libérale, auto-entrepreneur, gérante majoritaire) relèvent d'un régime spécifique, mais bénéficient elles aussi des IJSS maternité, sous conditions (service-public.fr).
Conditions d'affiliation. Il faut justifier de 10 mois d'affiliation au régime des indépendants à la date présumée de l'accouchement. Pour les professions libérales réglementées (médecins, dentistes, avocats), l'affiliation et les cotisations maladie-maternité relèvent de caisses spécifiques à chaque profession, en complément du régime vieillesse commun.
Base de calcul. L'IJSS est calculée sur le revenu d'activité professionnel des 12 derniers mois connus, en pratique souvent l'avant-dernière année (N-2). Une indépendante au revenu élevé percevra une IJSS plus importante, mais le mécanisme reste identique : remplacement de 100 % du revenu journalier, plafonné.
Pas de maintien employeur. L'indépendante n'a pas d'employeur, donc pas de complément conventionnel ni de subrogation. C'est précisément pour combler ce manque que certaines souscrivent une prévoyance individuelle. Nous mentionnons cette option de façon neutre, sans recommander de produit spécifique : le choix dépend du revenu et de la couverture souhaitée.
Pour les professions de santé, comme les dentistes, GME Audit accompagne ces indépendantes dans leurs obligations sociales et fiscales. La gestion d'un congé maternité en libéral implique d'anticiper la trésorerie, car les IJSS ne couvrent qu'une partie du revenu habituel.
Déclarations et démarches (CPAM, PAJE, employeur)
Plusieurs démarches jalonnent le congé maternité. Les voici dans l'ordre, côté salariée et côté employeur.
Côté salariée
Déclarer la grossesse à la CPAM. Le premier examen médical (1er trimestre) donne lieu à une déclaration obligatoire, envoyée par le médecin ou la sage-femme. Cette déclaration déclenche le suivi et le versement futur des IJSS.
Informer l'employeur. La salariée transmet le certificat médical d'arrêt dans un délai raisonnable, en général dès que la date présumée de l'accouchement est connue. L'employeur prépare alors l'attestation de salaire.
Déclarer la naissance à la CAF ou à la MSA. La déclaration de naissance ouvre droit à la PAJE (prestation d'accueil du jeune enfant), versée par la CAF, ou par la MSA pour les salariées agricoles. Le délai est de 2 mois à compter de la naissance. Certaines composantes de la PAJE, comme la prime à la naissance et l'allocation de base, sont soumises à des conditions de ressources (caf.fr).
Côté employeur
Transmettre l'attestation de salaire à la CPAM. Document obligatoire, il permet à la Sécurité sociale de calculer les IJSS sur la base des salaires réels.
Gérer le maintien conventionnel et la subrogation sur le bulletin. Vérifier la convention collective, calculer le complément, mentionner la subrogation le cas échéant.
Tenir la DSN à jour. L'arrêt maternité doit figurer correctement dans la déclaration sociale nominative, sous peine de rejets ou de retards de versement.
Tableau récapitulatif des durées de congé maternité
Situation | Avant l'accouchement | Après l'accouchement | Total |
1er ou 2e enfant | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
3e enfant et plus | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
Jumeaux | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
Triplés et plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
La période postnatale obligatoire est de 8 semaines, dont 6 après l'accouchement. Ces seuils figurent dans le Code de la Sécurité sociale (L331-3 et suivants).
Foire aux questions
Combien touche-t-on pendant un congé maternité en 2026 ?
L'IJSS maternité maximale est de 104,02 € nets par jour (plafond PMSS 2026 à 4 005 € par mois), contre un minimum de 11,12 € par jour. Le taux de remplacement est de 100 % du gain journalier de base, sans carence. L'employeur peut ajouter un complément conventionnel qui porte le salaire net à 100 %.
Comment se calcule l'indemnité journalière de maternité (IJSS) ?
Dans le cas général (paie mensuelle), la CPAM additionne les salaires bruts des 3 mois précédant l'arrêt et divise par 91,25. Pour les revenus non mensuels, elle divise le salaire annuel par 365. La CSG/CRDS (21 %) est ensuite prélevée. Le simulateur officiel ameli.fr donne une estimation personnalisée.
L'employeur a-t-il l'obligation de maintenir le salaire pendant le congé maternité ?
Non, sauf si la convention collective, un accord d'entreprise ou le contrat de travail le prévoit. Le maintien conventionnel est fréquent et porte souvent le salaire net à 100 %, sous condition d'ancienneté (en général 1 an). La vérification de la convention applicable est la première étape.
Quelles sont les conditions pour toucher les IJSS maternité ?
Il faut justifier de 10 mois d'affiliation à la Sécurité sociale à la date présumée de l'accouchement, avoir travaillé au moins 200 heures sur les 3 mois précédents (ou cotisé sur 1 015 × SMIC horaire sur 12 mois), et respecter la durée d'arrêt minimum de 7 jours.
Qu'est-ce que le congé pathologique et combien dure-t-il ?
Le congé pathologique s'ajoute au congé maternité en cas de complication médicale. Il dure 2 semaines avant l'accouchement ou 4 semaines après, sur prescription médicale transmise à la CPAM. Il est indemnisé en IJSS aux mêmes conditions.
Comment se passe le congé maternité quand on est indépendante ou profession libérale ?
Les indépendantes justifient de 10 mois d'affiliation et l'IJSS se calcule sur le revenu d'activité de l'année N-2 (ou 12 derniers mois connus). Il n'existe pas de maintien employeur, d'où l'intérêt d'une prévoyance individuelle selon la situation. Les professions libérales relèvent de caisses spécifiques à chaque profession.
Faut-il déclarer la naissance à la CAF / PAJE ?
Oui. La déclaration de naissance à la CAF (ou à la MSA pour les salariées agricoles) doit être faite dans les 2 mois. Elle ouvre droit à la PAJE (prestation d'accueil du jeune enfant). La prime à la naissance et l'allocation de base sont soumises à conditions de ressources.
Qu'est-ce que la subrogation et pourquoi l'employeur peut l'utiliser ?
La subrogation permet à l'employeur de percevoir directement les IJSS de la CPAM et de verser à la salariée son salaire net maintenu. Pour la salariée, le revenu est lissé chaque mois. Pour l'employeur, les flux sont centralisés. Elle doit être formalisée au bulletin de salaire et communiquée à la CPAM.
Confiez la gestion du congé maternité à un expert-comptable
Le congé maternité combine trois mécanismes distincts : les IJSS versées par la CPAM (104,02 € nets par jour au maximum en 2026), le complément conventionnel à la charge de l'employeur, et la coordination des déclarations CPAM, CAF et DSN. Côté indépendantes, l'anticipation de la trésorerie devient indispensable, faute de maintien employeur.
Vous employez une salariée enceinte et devez gérer le maintien de salaire, la subrogation et le bulletin ? Confiez la paie à GME Audit, cabinet d'expertise comptable dirigé par Steeve Elharrar, expert-comptable et commissaire aux comptes, ancien de KPMG et Deloitte : demandez un devis, nous vous répondons avec une proposition précise, pas un devis type.

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