Amortissement d'un véhicule électrique en entreprise : plafonds, calcul et batterie (2026)
- GME Audit l Votre expert-comptable

- 27 juin 2024
- 11 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 août
Un véhicule électrique acheté par votre société peut être amorti sur 4 à 5 ans, mais la part déductible fiscalement est plafonnée à 30 000 € HT pour un véhicule neuf émettant moins de 20 g/km de CO₂. Ce plafond ne s'applique pas à la batterie, qui se distingue du reste du véhicule. Le mécanisme réduit votre résultat imposable et donc votre impôt sur les sociétés, sous conditions et dans des limites précises, fixées par le BOFiP (référence BOI-BIC-AMT-20-40-50). Ce guide détaille les plafonds 2026, la durée, la méthode de calcul, la réintégration fiscale et le traitement de la batterie.
L'amortissement d'un véhicule électrique : le principe en bref
L'amortissement consiste à constater en comptabilité la perte de valeur d'un bien liée à son usage et au temps. Pour un véhicule électrique acquis par une entreprise, cette charge vient réduire le résultat comptable, et donc le bénéfice imposable, si la société est soumise à l'IS.
Attention : la déduction n'est pas totale ni automatique. Le fisc applique un plafond d'amortissement qui limite la fraction déductible. La partie non déductible doit être réintégrée au résultat fiscal, ce qui augmente la base d'imposition. La charge d'amortissement réduit donc votre résultat comptable mais votre calcul de l'impôt sur les sociétés se fait après réintégration de la fraction excédentaire.
Trois éléments déterminent le traitement : le taux d'émission de CO₂, la nature du véhicule (particulier ou utilitaire) et la date d'acquisition. Selon votre régime fiscal (IS ou IR), l'impact diffère.
Quels sont les plafonds d'amortissement en 2026 ?
Le barème par émissions de CO₂
Le plafond d'amortissement des véhicules de tourisme dépend du taux d'émission de dioxyde de carbone. Le barème, fixé par le Code général des impôts (article 200 et suivants, précisé par le BOFiP BOI-BIC-AMT-20-40-50), évolue en fonction des seuils d'émissions. Plus le véhicule pollue, plus le plafond est bas.
Pour 2026, les plafonds d'amortissement par tranche d'émissions sont les suivants :
Émissions de CO₂ (g/km) | Plafond d'amortissement déductible |
Jusqu'à 20 g/km (électriques purs) | 30 000 € |
De 21 à 49 g/km (hybrides rechargeables) | 20 300 € |
De 50 à 60 g/km | 18 300 € |
Au-dessus de 60 g/km | 9 900 € |
Ces seuils s'appliquent aux véhicules acquis neufs à compter du 1er janvier 2023 et restent valables pour 2026. Pour un véhicule d'occasion, le plafond applicable est celui en vigueur à la date de première mise en circulation.
Le plafond de 30 000 € HT pour les véhicules électriques
Pour un véhicule électrique pur, c'est-à-dire émettant moins de 20 g de CO₂ par kilomètre, le plafond de déduction est de 30 000 € HT. C'est le plafond le plus élevé du barème, conçu pour favoriser l'électrique.
Si le prix d'achat TTC du véhicule est de 50 000 € (soit environ 41 667 € HT avec une TVA à 20 %), la totalité du prix HT se situe sous le plafond de 30 000 €. La déduction fiscale n'est donc pas limitée.
En revanche, si le prix HT dépasse 30 000 €, la fraction au-delà n'est pas déductible. Elle doit être réintégrée au résultat fiscal chaque année pendant la durée d'amortissement (voir la section sur le calcul de la réintégration).
Le plafond de 30 000 € s'applique au prix du véhicule hors taxes, sans compter la batterie quand elle est distincte (voir la section dédiée).
Ce qui change pour les hybrides rechargeables
Les hybrides rechargeables bénéficient d'un plafond intermédiaire de 20 300 € HT pour les modèles émettant entre 21 et 49 g de CO₂ par kilomètre. Au-delà de 49 g/km, le plafond tombe à 18 300 €, puis à 9 900 € pour les véhicules les plus émetteurs.
Si vous amortissez un véhicule hybride, la part du prix HT au-dessus du plafond applicable doit être réintégrée. Plus le véhicule est émetteur, plus la réintégration est importante.
La réglementation durcit progressivement les conditions d'avantage pour les hybrides. Avant de retenir un modèle hybride pour son régime fiscal, vérifiez son taux d'émissions réel (homologation WLTP), qui détermine le plafond applicable.
Quelle durée et quelle méthode d'amortissement choisir ?
La méthode linéaire (obligatoire par défaut)
La méthode linéaire est la règle. Vous amortissez le véhicule à parts égales chaque année, en divisant le prix d'achat HT par le nombre d'années d'usage prévu.
Pour un véhicule de 50 000 € HT amorti sur 5 ans, l'annuité constante est de 10 000 € par an. La charge d'amortissement apparaît dans vos comptes dès la mise en service du véhicule (prorata temporis la première année, selon le nombre de mois d'utilisation).
La méthode dégressive n'est pas autorisée pour les véhicules de tourisme, quel que soit le type de motorisation. Seul le mode linéaire s'applique.
Durée d'usage : 4 ou 5 ans, comment justifier le choix
La durée d'amortissement doit correspondre à la durée réelle d'usage du véhicule par l'entreprise. L'usage habituel retenu pour un véhicule de tourisme électrique se situe entre 4 et 5 ans.
Le choix de la durée n'est pas neutre : 5 ans donnent une annuité plus faible mais plus longue, 4 ans une charge annuelle plus élevée mais plus courte. La durée retenue doit être justifiée par l'usage réel (kilométrage annuel estimé, renouvellement prévu). Une durée trop courte ou trop longue sans justification peut être remise en cause lors d'un contrôle fiscal.
La même logique s'applique à la batterie, avec une durée d'amortissement spécifique (voir la section dédiée).
Comment calculer l'amortissement et la réintégration fiscale ?
Exemple chiffré : véhicule 50 000 € HT
Prenons l'exemple d'un véhicule électrique acheté 50 000 € HT par une société soumise à l'IS, amorti en linéaire sur 5 ans. Ce cas est purement illustratif : les chiffres dépendent du modèle, du prix négocié et de la date d'acquisition.
L'annuité d'amortissement comptable est de 10 000 € par an (50 000 € ÷ 5 ans). Comme le prix HT (50 000 €) dépasse le plafond de 30 000 €, seule une fraction de l'annuité est déductible.
Le pourcentage déductible se calcule ainsi : 30 000 € ÷ 50 000 € = 60 %. La part déductible de l'annuité est donc de 6 000 € par an (10 000 € × 60 %), et la part non déductible de 4 000 € par an.
Sur la durée totale de 5 ans, l'entreprise déduit 30 000 € au total et réintègre 20 000 €, soit la fraction du prix HT au-dessus du plafond (50 000 € moins 30 000 €).
Le calcul de l'amortissement non déductible (AND)
L'amortissement non déductible (souvent abrégé AND) est la fraction de la dotation aux amortissements qui dépasse le plafond fiscal. Il fait l'objet d'une réintégration extra-comptable sur la liasse fiscale (imprimé 2058, ligne « amortissements non déductibles »).
La réintégration se fait chaque année, pendant toute la durée d'amortissement du véhicule. Le montant réintégré augmente le bénéfice fiscal, et donc l'IS dû, par rapport au résultat comptable.
Le calcul suit le ratio entre le plafond et le prix HT :
Élément | Montant |
Prix d'achat HT | 50 000 € |
Plafond déductible | 30 000 € |
Fraction non déductible | 20 000 € |
Annuité comptable (sur 5 ans) | 10 000 € |
Part déductible (60 %) | 6 000 € |
Part non déductible réintégrée | 4 000 € |
Ce tableau illustre le mécanisme. Les chiffres exacts dépendent du prix d'achat, de la durée et du plafond applicable à votre véhicule.
Le cas de l'usage mixte (privé et professionnel)
Quand le véhicule sert à la fois à un usage professionnel et privé, l'amortissement déductible est limité à la fraction correspondant à l'usage professionnel. Si l'utilisation privée représente 30 % du kilométrage, seule 70 % de l'annuité est déductible (en plus de l'application du plafond de 30 000 €).
L'usage privé est considéré comme un avantage en nature pour le salarié ou le dirigeant qui en bénéficie. Il doit être déclaré et soumis à cotisations sociales.
La répartition se justifie par un décompte du kilométrage (professionnel contre total). Sans justificatif, l'administration fiscale peut requalifier l'intégralité en usage privé.
L'amortissement de la batterie : l'avantage fiscal clé
Pourquoi la batterie est exclue du plafond
La batterie est le composant le plus onéreux d'un véhicule électrique. C'est précisément sur ce point que la fiscalité offre un avantage différenciant : la batterie n'est pas soumise au plafond de 30 000 €.
Le BOFiP (BOI-BIC-AMT-20-40-50) distingue le châssis et la carrosserie du véhicule d'une part, et la batterie d'autre part. Le plafond de 30 000 € s'applique au véhicule sans la batterie. La batterie est amortie séparément, sur sa propre durée, sans plafond de déduction.
Concrètement, si vous achetez un véhicule électrique 50 000 € HT dont la batterie représente 20 000 € HT, le plafond de 30 000 € s'applique aux 30 000 € HT restants (véhicule hors batterie). La batterie de 20 000 € est amortie en sus, intégralement déductible.
Cet avantage explique pourquoi l'amortissement séparé véhicule et batterie est central pour optimiser la charge déductible d'un véhicule électrique.
Batterie achetée ou batterie en location
Deux situations se présentent :
Batterie achetée : elle figure à l'actif du bilan et est amortie sur sa durée de vie estimée. La charge d'amortissement est déductible sans plafond, comme expliqué ci-dessus.
Batterie en location (location longue durée, LLDR, ou contrat de batterie) : les loyers versés sont des charges externes déductibles du résultat, au même titre que les autres loyers. Aucun amortissement à passer, et aucun plafond de 30 000 € à appliquer sur ces loyers.
La location de la batterie simplifie le traitement comptable et lisse la charge mensuellement. En revanche, le coût total sur la durée d'usage peut être supérieur à un achat. Le choix dépend du modèle économique et de la trésorerie de l'entreprise.
Durée d'amortissement de la batterie
La batterie d'un véhicule électrique s'amortit généralement sur 8 à 10 ans, une durée plus longue que celle du véhicule lui-même (4 à 5 ans). Cette durée correspond à la garantie constructeur et à la durée de vie utile estimée.
Sur 10 ans, une batterie achetée 20 000 € HT génère une annuité déductible de 2 000 € par an, sans plafond. La déduction totale sur la durée atteint 20 000 €, soit la totalité du prix d'achat de la batterie.
Pour une batterie achetée d'occasion, la durée d'amortissement retenue est plus courte, car la durée de vie restante est moindre. La durée se justifie par l'état de la batterie et la capacité de charge résiduelle.
La borne de recharge : un amortissement à part entière
La borne de recharge installée sur le lieu d'activité de l'entreprise constitue un actif amortissable distinct du véhicule. Son installation ouvre des possibilités d'optimisation fiscale complémentaires.
La borne s'amortit linéairement, sur une durée de 10 ans en moyenne, selon sa nature et son usage. Les bornes les plus simples (wallbox) peuvent s'amortir sur une durée plus courte, tandis que les installations plus complexes (infrastructure multi-vehicules) s'amortissent plus longtemps.
Conditions d'amortissement et TVA déductible
L'amortissement de la borne n'est pas soumis au plafond de 30 000 €. La totalité du prix d'installation est déductible sur la durée retenue.
La TVA versée sur l'achat et l'installation de la borne est déductible, contrairement à la TVA sur le véhicule de tourisme (non récupérable). La TVA déductible sur la borne et sur l'électricité de recharge constitue un avantage supplémentaire du passage à l'électrique.
L'installation d'une borne peut aussi ouvrir droit à des aides publiques (crédit d'impôt, subvention ADVENIR), selon le statut de l'entreprise et la localisation. Ces aides réduisent le coût net de l'investissement.
Les autres avantages fiscaux du véhicule électrique en 2026
Exonération de la TVS (taxe sur les véhicules de société)
Les véhicules 100 % électriques sont exonérés de la taxe sur les véhicules de société (TVS), devenue taxe annuelle sur les émissions de CO₂. Cette exonération porte sur les deux composantes de la taxe : la composante CO₂ et la composante pollutants atmosphériques.
Pour un véhicule thermique, la TVS peut représenter plusieurs centaines d'euros par an selon le taux d'émissions. Pour un électrique, elle est nulle. Notre page dédiée à la taxe sur les véhicules de société détaille le barème et les conditions d'exonération.
L'exonération s'applique tant que le véhicule reste éligible (moins de 20 g/km de CO₂). Pour un hybride rechargeable, l'exonération dépend du taux d'émissions et peut être partielle.
TVA déductible sur l'électricité de recharge
L'électricité utilisée pour recharger le véhicule professionnel ouvre droit à déduction de la TVA, dans la limite de l'usage professionnel. Si le véhicule est utilisé à 80 % pour l'activité, 80 % de la TVA sur l'électricité de recharge est déductible.
La déduction se calcule à partir des factures d'électricité ou, à défaut, par un forfait kilométrique. La TVA sur le carburant d'un véhicule thermique n'est pas récupérable : l'électricité de recharge représente donc un avantage net par rapport à l'essence ou au diesel.
Indemnités kilométriques majorées
Les indemnités kilométriques versées aux salariés utilisant leur véhicule personnel à titre professionnel sont majorées de 200 % pour les véhicules électriques, dans la limite du barème kilométrique. Un salarié roulant en électrique perçoit le triple du montant du barème standard pour le même kilométrage.
Cette majoration, prévue par le Code général des impôts (article 82), favorise l'usage de véhicules électriques à titre professionnel. Elle s'applique aux indemnités versées au-delà du 1er janvier 2020 et reste valable pour 2026.
Comment comptabiliser l'amortissement (écritures types)
La comptabilisation de l'amortissement d'un véhicule électrique suit le schéma classique, avec une particularité : la réintégration extra-comptable de la fraction non déductible.
Prenons l'exemple du véhicule de 50 000 € HT amorti sur 5 ans, avec annuité de 10 000 € dont 6 000 € déductibles et 4 000 € non déductibles.
Écriture comptable (en fin d'exercice) :
Compte | Libellé | Débit | Crédit |
6811 | Dotations aux amortissements (charge comptable) | 10 000 € | |
28182 | Amortissements du matériel de transport | 10 000 € |
Cette écriture constate la perte de valeur complète du véhicule, conformément au plan d'amortissement.
Réintégration extra-comptable (sur la liasse fiscale) :
La part non déductible de 4 000 € ne donne pas lieu à une écriture comptable. Elle est réintégrée sur l'imprimé 2058 de la liasse fiscale, dans la rubrique des amortissements non déductibles. Cette réintégration augmente le résultat fiscal de 4 000 € par rapport au résultat comptable.
La gestion de ces écritures en temps réel, via un outil comme Pennylane, vous permet de suivre l'impact des amortissements sur votre résultat au fil de l'année, sans attendre la clôture du bilan pour anticiper l'IS dû.
Questions fréquentes sur l'amortissement d'un véhicule électrique
Peut-on amortir un véhicule électrique d'occasion ?
Oui. Un véhicule d'occasion acquis par une entreprise est amortissable, avec le plafond applicable à sa date de première mise en circulation. La batterie conserve son traitement distinct si elle est identifiée séparément.
Quelle est la durée d'amortissement d'un véhicule électrique ?
La durée usuelle est de 4 à 5 ans pour le véhicule, et de 8 à 10 ans pour la batterie amortie séparément. La durée retenue doit refléter l'usage réel.
Faut-il distinguer la batterie du véhicule à l'achat ?
Oui, si la facture le permet. Distinguer le prix de la batterie du prix du véhicule permet d'amortir la batterie hors plafond, ce qui optimise la déduction fiscale totale. La distinction se fait sur la facture d'achat ou, à défaut, par une estimation documentée de la part batterie.
La TVA sur l'achat d'un véhicule électrique est-elle récupérable ?
Non, pour un véhicule de tourisme. La TVA sur un véhicule de tourisme, électrique ou non, n'est pas récupérable. La TVA sur l'achat d'un utilitaire électrique est en revanche déductible, sous conditions.
Comment se calcule l'amortissement non déductible ?
Le montant réintégré chaque année se calcule en multipliant l'annuité d'amortissement par le ratio « fraction non déductible ÷ prix HT ». Pour un véhicule de 50 000 € HT avec un plafond à 30 000 €, ce ratio est de 40 % (20 000 € ÷ 50 000 €).
Sécuriser la comptabilisation de votre véhicule électrique
L'amortissement d'un véhicule électrique suit un mécanisme précis, et l'erreur la plus fréquente porte sur la réintégration de la fraction non déductible et sur le traitement de la batterie. Un oubli ou un mauvais ratio expose à un redressement fiscal, l'inverse (une réintégration excessive) gonfle artificiellement votre IS.
Notre cabinet vous accompagne dans la comptabilisation de vos immobilisations et l'optimisation de vos charges déductibles. Nous travaillons en temps réel via Pennylane, pour que vous suiviez l'impact de chaque amortissement sur votre résultat sans attendre la clôture.
Vous pouvez faire appel à un expert-comptable pour sécuriser vos amortissements et faire le point sur votre situation, ou demander un devis personnalisé pour votre véhicule et votre régime fiscal.
GME Audit, cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes à Paris (16e), dirigé par Steeve Elharrar, expert-comptable et commissaire aux comptes, ancien de KPMG et Deloitte. Une centaine de dossiers suivis chaque année, TPE, PME, indépendants, professions libérales.
Sources : BOFiP BOI-BIC-AMT-20-40-50 (amortissements, régimes particuliers), Code général des impôts articles 200 et suivants (plafonds d'amortissement des véhicules), article 82 (indemnités kilométriques majorées), article 1010 (taxe annuelle sur les émissions de CO₂). Données valables pour l'exercice 2026.

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